Les remarques assassines

"Mais c'était pour rire", "c'était pas méchant", "mais non, t'en fais trop", "tu prends toujours la mouche"... bref : quand on dit que ce n'était pas très sympa la remarque que l'on vient de nous faire, rester ferme car minimiser le ressenti c'est rajouter du mépris sur la blessure

BLA-BLA PSY

6/3/20254 min read

a close up of a mushroom in the grass
a close up of a mushroom in the grass

"Mais c'était pour rire", "c'était pas méchant", "mais non, t'en fais trop", "tu prends toujours la mouche", "ça vaaaaaa"... Euh, non : quand on vous dit que c'était pas très sympa la remarque que l'on vient de nous adresser, sachez que minimiser le ressenti c'est rajouter du mépris à la blessure

L'humour est parfois dévoyé de son but de faire rire au profit de rire de l'autre. Et ce n'est pas pareil. Le rire jaune de la personne visée témoigne de la gêne, de la maladresse, de l'impact.

Les remarques assassines

Avec l'humour, tout passe...

Et alors, dans la vie privée ? quelle est cette idée d'être encore plus sévère ou désagréable dans un "humour" percutant avec les personnes qui nous sont les plus intimes ? Et pourtant c'est bien dans la sphère privée que les violences verbales quotidiennes sont les plus fréquentes. Non, ré-éduquons-nous à cultiver une gentle-touch, montrons-nous un peu de bienveillance... ben oui, enfin... !

Dans la vie de tous les jours ? évidemment que non. La provocation ou les remarques déplacées, les gestes "maladroits", les "je veux pas vous choquer mais c'est une façon de dire avec humour, quoi" parfois devenus communs, voire banalisés, dans les lieux collectifs ne doivent pas être acceptés. On est tous appelés à adopter un comportement lucide et respectueux. A ces habitués des formules hâtives et maladroites : préférez le silence, parfois ce n'est pas si mal de ne pas surenchérir, préférons la retenue, non ?... l'art de la blague ce n'est pas de dire n'importe quoi sous couvert d'un rire mal-aisant en guise de ponctuation.

Au travail ? surement pas, aucune excuse : la posture professionnelle commande à tirer vers le haut nos interactions avec les autres et nous convoque à être exemplaires. Donc non, Michel, si tu veux être drôle, sois-le mais "la petite du 3e si elle veut monter au 7e j'me propose" avec un clin d'oeil en coin : ça n'a rien de drôle en fait. Abstiens toi. Non, Tia, reluquer son voisin et "mater son summer body" sous prétexte que "les femmes l'ont subi des années, et ça va on en est pas mortes" : en fait, on arrête... #déso

Et nous pouvons nous rappeler qu'il n'y a pas de bon contexte dans lequel on peut dire gratuitement des mots qui blessent.

  1. Pardon

  2. Ce n'était pas adapté

  3. Je n'irai plus sur ce terrain

Et si on n'y arrive pas, si ça nous chatouille la moustache d'envoyer une petite blague qui nous parait bien sentie ... et puis non, aïe, raté... ?

C'est vrai que parfois ça nous déborde, et on dit des mots qui blessent, on pensait que notre humour était infaillible et patatras, on voit bien qu'on a loupé le coche.

Et bien on peut aussi avoir des mots qui réparent. Alerte spoiler : "désolé/e" ne suffit pas.

1/ Exprimer le regret, reconnaitre tout simplement son erreur : "pardon, je suis désolé/e, je suis allé/e trop loin, je n'aurais pas dû dire ça comme ça". "J'aimerais que tu ne retiennes pas ce que j'ai dit parce que ça n'avait pas de valeur et c'était nul".

2/ Dire son débordement permet de remettre les choses à leur place : "j'étais en colère, j'ai réagi du tac au tac, avec une pique... j'aurais mieux fait d'aller faire un tour", "je voulais te taquiner et au final je t'ai blessé/e", "je me suis laissé/e emporter par l'ambiance et en effet ma blague était inappropriée"

3/ Conclure en responsabilité : c'est un problème que la personne qui prononce des mots blessants doit résoudre, elle-même : "c'est compris, ça ne se passera plus comme ça", "je dois travailler là-dessus", je n'aborderai plus ce sujet ça n'est pas adapté"

clown arcade game
clown arcade game

...ou pas !

short-coated tan and white dog with green zip-up jacket
short-coated tan and white dog with green zip-up jacket

Oui, l'humour joue avec les limites et la provocation. La question n'est pas là. La question est : est ce que je peux considérer que l'humour est toujours le bon médiateur dans la relation ?

a close up of a sea lion with a beard
a close up of a sea lion with a beard

Si l'humour est un facteur de protection et plutôt fédérateur dans un collectif, il n'est pas donné à tout le monde d'avoir le juste ton, le bon équilibre pour rester dans l'humour et ne pas tomber dans la blague potache.

Est ce que invoquer l'humour ça excuse tout ?

Cabinet de psychologie en ligne

Inscription à la newsletter

© 2025. All rights reserved.

Numéro ADELI : 6493019334

Numéro de SIRET : 82055128100042

RIB : FR76 1690 6000 0487 0123 4991 022 AGRIFRPP 869