Trauma, deuil, agression, maladie, accident, agression, harcèlement

Voici la liste des situations à laquelle peu de personnes échappent au cours de leur vie, et qui blessent pourtant durablement. Faut-il espérer y réchapper ? Faut-il se couper du monde quand cela arrive ? Ou pouvons-nous accéder à une démarche de reconstruction ? Voire développer une démarche de prévention, en amont ? Est ce réaliste ?

BLA-BLA PSY

6/3/20253 min read

flower on fire
flower on fire

Les blessures invisibles, les bleus de la vie, les traumas, les pertes irréversibles, les fracas de l’intime. Chacun ressent et survit comme il le peut. Ces souffrances sont de plus en plus reconnues mais laissent pourtant toujours souvent totalement seul/e et perdu/e…

Après le choc, la colère, parfois la honte.

La colère et le désespoir signent la perte, là où la honte et la sidération signent davantage le trauma.

Dans les deux cas, souvent les personnes se culpabilisent de ne pas réussir à s’en remettre, ou s’en veulent de rechuter.

« Pas assez fort/e », c’est une déception que l’on s’inflige depuis un endroit où l’on se juge soi-même, et d’où on se condamne.

Se culpabiliser c’est un deuxième coup, celui qu’on s’inflige profondément, il double la douleur, et triple la casse. Une façon aussi d’accentuer l’isolement face à la souffrance en se séparant des autres, rendus impuissants.

Derrière ce mécanisme il y a un effet inconscient qui peut paraitre nécessaire pour survivre : c’est une tentative de trouver une raison, trouver un espace défini, dessiner un périmètre qui contient l’effusion du trauma : JE n’y arrive pas. Quitte à ce que ce Moi meurt symboliquement ou psychiquement… jusqu’au moment où il redevient possible de se séparer de cet envahissement psychique, cela s’appelle le travail dans le trauma.

Dans 50% des cas, cette évolution se réalise « naturellement » au bout de 2 ans, à condition que la charge traumatique ne soit pas trop intense. Mais 2 ans, c’est long et cela épuise. C’est pour cela qu’il est préférable d’être accompagné/e avec une psychothérapie.

1, la blessure

2, la culpabilité

Dandelions in a field with soft sunlight
Dandelions in a field with soft sunlight

3, la réparation ?

Si le choc de la blessure est brutal, la réparation est, elle, un processus long qui, souvent, vacille. La résilience n’est pas un super pouvoir, tel un survol au dessus de la blessure : au contraire, « c’est traverser le ciel et l’enfer » nous dit Boris Cyrulnik. Il s’agit d’un parcours chaotique.

A person holding a lit candle in their hand
A person holding a lit candle in their hand

Pas assez fort/e...

Comment faire ?

Il n’y a pas d’autres choix dans un premier temps que de survivre, comme on peut. Il n’y a pas de méthode non plus, pas de méthode meilleure qu’une autre. Il n’y a qu’un seul point commun : trouver malgré tout quelque chose qui fasse encore «velcro à la vie», quelque chose qui nous accroche à l’espoir pour rester dans ce monde.

Et cela peut prendre beaucoup de temps, et amener à la dépression et aux troubles de santé psychique. Cela fait peur. C’est pourtant une évolution normale ; elle fait mal, elle effraie, mais elle est nécessaire. Il n’y a pas de réparation sans « vivre » cette souffrance. Celle-ci est aussi nécessaire. Faire semblant n’est pas une option viable. Il est donc sain d’être authentiquement mal plutôt que faussement bien.

Mais attention, si cela dure trop longtemps, ou si cela est trop intense, il faut consulter un psychologue spécialisé dans le trauma, ainsi que son médecin.

Les proches sont aussi invités à faire la démarche de leurs côtés afin de soutenir les liens qui sont naturellement affectés par la situation. 

Existe-il une prévention ?

Pas pour toutes les situations malheureusement. Le cerveau humain est adaptatif, plastique… et donc par définition sensible : il ne peut pas parer tous les coups.

  • La première mesure est de traiter le trauma par la thérapie EMDR

  • Il existe aussi des facteurs salutogènes qui permettent de renforcer notre capacité à diminuer les effets de certaines situations blessantes. Ce sujet est de plus en plus investi par les psychologues.

  • Par la formation et l’information, il est aussi possible de réduire le risque d’exposition à des situations d’emprise ou de harcèlement, ou de repérer des profils de personnalité incompatibles avec le notre.

  • Enfin, il est important d’évaluer la qualité de notre environnement, d’identifier quelles personnes et quels lieux sont ressources pour nous, et, sur un plan plus formel, de quels professionnels de santé je dispose dans mon réseau.

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